Randonneurs, arrêtez d’enterrer vos besoins : une étude explique pourquoi c’est dangereux !

randonneur caca

Chaque été, des milliers de randonneurs foulent les sentiers de haute montagne.

Mais derrière la beauté des paysages se cache un problème bien moins glamour : que faire de ses besoins naturels en pleine nature ?

Une recherche menée cet été sur le Mont Elbert, le plus haut sommet du Colorado, apporte des réponses concrètes.

Un sujet tabou au cœur d’une étude scientifique

Shari Edelson, chercheuse à l’université de Penn State, a passé plusieurs semaines à interroger les randonneurs sur leurs habitudes… en matière de toilettes en pleine nature.

En partenariat avec l’entreprise PACT Outdoors, spécialisée dans les kits sanitaires de randonnée, elle voulait savoir si les marcheurs accepteraient de remporter leurs déjections plutôt que de les enterrer.

« Les gens étaient étonnamment ouverts, » raconte Jake Thomas de PACT Outdoors. Le taux de réponse au sondage a atteint 79 %, un chiffre exceptionnel qui permet d’avoir un échantillon fiable.

Pourquoi enterrer ses besoins ne suffit plus !

Enterrer ses déjections avec une petite pelle est la méthode traditionnelle.

Mais sur les sentiers très fréquentés, ce n’est plus suffisant : l’érosion, les animaux ou la météo exposent rapidement ce qui a été enfoui.

De plus, les bactéries et virus contenus dans les excréments peuvent survivre plusieurs années dans le sol.

Résultat : pollution visuelle, risques sanitaires et dégradation des écosystèmes fragiles.

Le phénomène ne se limite pas au Colorado : des initiatives similaires ont déjà vu le jour à Squamish (Canada) ou dans le parc de Yosemite, où les autorités demandent désormais de rapporter son papier toilette usagé.

Des kits adaptés pour un problème universel

Pour tester une alternative, des bornes ont été installées au départ du sentier du Mont Elbert.

Les randonneurs pouvaient y récupérer gratuitement un Pack Out Kit de PACT : une grande poche solide, une plus petite pour le transport, des lingettes, du gel désinfectant et une poudre désodorisante.

L’objectif : permettre de faire ses besoins proprement, puis de rapporter le tout en fin de randonnée.

Sur 4 210 randonneurs interrogés, 11 % ont déclaré avoir dû faire leurs besoins en montagne ce jour-là. En extrapolant, cela représenterait près de 1 650 “paquets” de déjections chaque année rien que sur ce sommet !

Changer les habitudes grâce à l’éducation

L’étude montre que si 62 % des randonneurs n’avaient jamais essayé de remporter leurs déjections, seuls 8 % ont affirmé qu’ils ne le feraient jamais.

Près d’un tiers des participants ont accepté un kit gratuit, et environ 30 % d’entre eux l’ont utilisé immédiatement. Cela pourrait représenter, selon PACT, environ 500 déjections de moins sur la montagne chaque saison.

« Beaucoup de comportements néfastes viennent simplement d’un manque d’information ou de préparation », souligne Edelson. « En donnant les bons outils et en sensibilisant, on peut réellement changer la donne. »

Vers des montagnes plus propres

L’enjeu dépasse la simple propreté : une gestion durable des déchets humains en montagne permet de protéger la faune, l’eau et les sols. Pour les chercheurs, l’idéal serait que les agences locales financent et généralisent ces dispositifs sur les sommets très fréquentés.

Le message est clair : tout comme les distributeurs de sacs pour chiens dans nos villes, il est possible d’installer des bornes de kits sanitaires pour randonneurs. Et d’après l’étude, 91 % des marcheurs s’en serviraient s’ils y avaient accès gratuitement. Une solution simple, peu coûteuse, et efficace pour garder nos montagnes propres et accueillantes.

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