La randonnée est gratuite, mais pas les sentiers : pourquoi la FFRandonnée appelle aux dons ?

Panneau de balisage sur un sentier de randonnée français

Photo : Maël Balland / Pexels

La randonnée donne parfois l’impression que le paysage est là, disponible, comme une évidence. On chausse ses chaussures, on suit un balisage, on consulte une carte et l’on avance. Pourtant, derrière cette simplicité apparente, il y a des kilomètres de sentiers à entretenir, des itinéraires à signaler, des bénévoles à former et des outils à faire vivre. C’est le sens de la première campagne nationale d’appel aux dons lancée par la FFRandonnée le 4 septembre 2026.

Avec le titre « Je randonne, je donne », la fédération invite les pratiquants à regarder autrement ce qui rend une sortie possible. Le sujet n’est pas de faire payer l’accès aux chemins, mais de rappeler que leur entretien repose sur une organisation, du temps et des personnes engagées. La randonnée reste libre d’accès ; les sentiers, eux, ne s’entretiennent pas tout seuls.

Des chemins qui semblent naturels, mais qui demandent du travail

Un itinéraire agréable ne se résume pas à une ligne sur une application. Sur le terrain, le balisage doit rester lisible, les passages doivent être suivis et les informations doivent être mises à jour. Les conditions météo, l’érosion, la végétation ou l’évolution d’un parcours peuvent rendre nécessaire une intervention. Même lorsqu’elle passe inaperçue, cette maintenance participe directement au confort et à la sécurité de la promenade.

La FFRandonnée rappelle l’ampleur de ce patrimoine pédestre. Selon les chiffres communiqués par la fédération, la France compte 226 000 kilomètres d’itinéraires entretenus et balisés. Elle indique également que 115 000 kilomètres de GR ont été numérisés puis transmis à l’IGN. Ces données donnent une idée du travail collectif caché derrière une pratique souvent perçue comme gratuite et spontanée.

Le balisage est l’un des signes les plus visibles de cette action, mais il n’en est qu’une partie. Cartographier, documenter, accompagner les clubs et transmettre des informations fiables sont aussi des tâches indispensables. Pour comprendre ce que recouvrent concrètement ces missions, notre article « Qui trace vos GR ? Les coulisses passionnantes des sentiers de randonnée les plus mythiques de France » permet de prolonger la réflexion.

Une campagne nationale pour une pratique largement partagée

L’appel de la fédération s’adresse à une communauté bien plus vaste que celle des adhérents de clubs. La FFRandonnée indique que la France compte 30 millions de pratiquants. Tous ne marchent pas de la même façon : certains partent pour quelques heures, d’autres préparent un itinéraire de plusieurs jours ; certains fréquentent les GR, d’autres des chemins locaux. Ils ont toutefois un point commun : ils profitent d’un réseau qui doit rester compréhensible, praticable et vivant.

La fédération mentionne aussi 3 500 clubs affiliés. Ces structures jouent un rôle important dans la vie de la randonnée, notamment par l’organisation des sorties et la mobilisation de bénévoles. Ces chiffres doivent être attribués à la FFRandonnée : ils décrivent l’ampleur qu’elle associe à la pratique et à son réseau, sans prétendre résumer toutes les formes de marche en France.

Cette première campagne nationale cherche donc à élargir la prise de conscience. Un donateur n’est pas nécessairement un randonneur chevronné, membre d’un club ou habitué des itinéraires balisés. Il peut aussi être une personne qui apprécie une balade occasionnelle et souhaite contribuer à la continuité de ce bien commun. L’important, dans le message porté par la campagne, est le lien entre l’usage des sentiers et le soutien à ceux qui les font durer.

À quoi les dons peuvent-ils contribuer ?

La FFRandonnée précise que les dons soutiennent plusieurs volets de son action : l’entretien, le balisage, la formation des bénévoles, les outils ainsi que l’accompagnement. Cette présentation reste volontairement générale. Elle ne signifie pas qu’un don est affecté à un chantier précis ou à un itinéraire particulier, et elle ne permet pas de déduire une répartition exacte entre ces différents postes.

L’entretien et le balisage répondent à une nécessité très concrète : aider les marcheurs à suivre un parcours et à mieux se repérer. La formation des bénévoles concerne, elle, les personnes qui donnent de leur temps pour faire fonctionner ce réseau. Les outils et l’accompagnement renvoient à l’organisation qui permet aux clubs et aux acteurs de la randonnée de disposer de ressources adaptées.

Cette diversité rappelle qu’un sentier ne se résume pas à son état physique. Il faut aussi pouvoir le décrire, le transmettre, l’intégrer à des données utiles et accompagner celles et ceux qui participent à sa gestion. Le don intervient donc dans un ensemble d’actions complémentaires, plutôt que dans une promesse simplifiée de travaux immédiatement visibles sur le terrain.

Donner, sans transformer la randonnée en produit payant

Le message « je randonne, je donne » peut surprendre parce qu’il touche à une pratique associée à la liberté. Il ne s’agit pourtant pas d’installer une billetterie à l’entrée des chemins. La campagne pose une autre question : comment préserver durablement les conditions qui permettent de marcher sur ces itinéraires ? La nuance est importante, car elle replace le don dans une logique de soutien volontaire et non de droit d’accès.

Cette approche peut parler à des profils très différents. Une personne qui parcourt régulièrement les sentiers mesure peut-être déjà la valeur d’un balisage clair. Une autre, qui utilise surtout une carte numérique, bénéficie indirectement du travail de collecte, de transmission et de mise à jour des données. Même la sortie la plus improvisée s’appuie souvent sur des informations et des repères qui ont été préparés en amont.

La campagne invite ainsi à considérer la randonnée comme une pratique individuelle reposant sur un effort collectif. On marche seul, en famille ou entre amis, mais le réseau de chemins dépend d’une fédération, de clubs, de bénévoles et d’outils. Soutenir cette organisation, selon ses moyens et son envie, revient à contribuer à la continuité de ce cadre commun.

Une mobilisation qui concerne aussi l’avenir des sentiers

L’intérêt de cette campagne est peut-être de rendre visibles des missions habituellement discrètes. Quand le balisage est clair et que l’itinéraire est bien documenté, le travail accompli disparaît derrière l’expérience agréable de la marche. C’est précisément cette discrétion qui peut faire oublier les besoins du réseau.

En lançant sa première campagne nationale d’appel aux dons, la FFRandonnée cherche à rappeler que la popularité de la randonnée s’accompagne d’une responsabilité collective. Les chiffres qu’elle avance — 30 millions de pratiquants, 226 000 kilomètres d’itinéraires entretenus et balisés, 3 500 clubs affiliés et 115 000 kilomètres de GR numérisés et transmis à l’IGN — donnent une mesure de l’échelle concernée.

Le don n’est pas la seule manière de soutenir les sentiers. Respecter le balisage, rester sur les itinéraires autorisés, suivre les recommandations locales et prendre soin des lieux participent aussi à leur préservation. Mais l’appel de la fédération rappelle une réalité simple : derrière chaque chemin accessible et chaque repère utile, il existe du temps, des compétences et une organisation. La randonnée est gratuite pour celui qui l’emprunte ; la vie des sentiers, elle, a besoin d’un engagement durable.

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