Randonnée et IA : pourquoi ChatGPT vous met en danger sur les sentiers

ia en rando

Un père et son fils arrivent dans les Cévennes avec un itinéraire de 82 km prévu en deux jours par ChatGPT. Il en faut normalement quatre.

Cette anecdote, ce n’est pas un cas isolé : le parc national des Cévennes vient de tirer la sonnette d’alarme sur une tendance qui se répand vite et qui peut vraiment mal tourner.

Ce que l’IA fait (mal) quand elle prépare votre rando

Depuis le 2 avril 2025, le parc national des Cévennes a publié un post Facebook au titre sans équivoque : « Pourquoi ce n’est pas une bonne idée de demander à ChatGPT de préparer votre randonnée dans le Parc ».

Le message est clair, et il s’appuie sur des cas concrets. Une dizaine de randonneurs ont officiellement signalé s’être fait piéger l’année précédente. Et le phénomène grossit.

Le problème de fond est simple : une intelligence artificielle générative comme ChatGPT n’a aucune expérience du terrain. Elle ne sait pas ce que c’est que de poser le pied sur un sentier caillouteux en descente avec 15 kg sur le dos.

Elle compile des informations issues de sources variées, parfois non vérifiées, parfois issues d’autres parcs ou d’autres massifs, et les assemble en un itinéraire qui a l’air cohérent sur le papier.

Le parc des Cévennes liste précisément les erreurs récurrentes constatées sur le terrain :

  • Distances sous-estimées : les kilomètres annoncés ne correspondent pas à la réalité du parcours.
  • Temps de marche irréalistes : un itinéraire de quatre jours ramené à deux, comme dans l’exemple du père et de son fils.
  • Sentiers impraticables voire inexistants : l’IA peut indiquer un chemin qui n’existe tout simplement pas, ou qui est fermé.
  • Bivouacs proposés là où c’est interdit : dans un parc national, les règles de bivouac sont strictes. L’IA les ignore ou les mélange avec celles d’autres secteurs.

Un problème qui dépasse les Cévennes

Ce n’est pas qu’une alerte locale. En avril 2025, des randonneurs se sont retrouvés bloqués au sommet d’une montagne au Canada après avoir suivi un itinéraire généré par une IA.

Même scénario, même cause : une confiance aveugle dans un outil qui n’a aucune notion de ce que signifie être coincé en altitude avec le mauvais équipement ou sans issue praticable.

La communication du parc des Cévennes résume la situation d’une formule qui mériterait d’être imprimée sur chaque application de rando :

« Une intelligence artificielle ne marche pas sur les sentiers. »

Elle ne ressent pas la fatigue musculaire au troisième jour, elle ne voit pas que le chemin est coupé par un torrent en crue, elle ne sait pas que tel col est enneigé jusqu’en juin.

Où trouver des infos fiables pour randonnée dans les Cévennes ?
Le parc national des Cévennes met à disposition plus de 240 itinéraires balisés, vérifiés et mis à jour par des agents qui connaissent le terrain. C’est accessible directement via les offices de tourisme locaux et le site officiel du parc. Pour n’importe quelle rando en France, les sources de référence restent les topoguides FFRandonnée, les sites des parcs nationaux et régionaux, et les offices de tourisme locaux qui connaissent l’état réel des sentiers.

Avant de partir : les bons réflexes à garder

L’IA peut dépanner pour une première inspiration, pour se faire une idée générale d’une région ou pour lister des thématiques de rando. Mais elle ne remplace pas une source locale vérifiée au moment du départ. Quelques habitudes simples qui évitent les galères :

  • Consulter le site ou l’office du parc que vous allez traverser, idéalement quelques jours avant le départ pour avoir les infos sur l’état des sentiers.
  • Vérifier le D+ réel et la durée estimée sur une source cartographique sérieuse (IGN, Visorando, FFRandonnée) et non sur une IA généraliste.
  • En parc national, se renseigner sur les règles de bivouac avant de planifier les nuits, elles varient d’un secteur à l’autre.
  • Croiser au moins deux sources avant de valider un itinéraire que vous ne connaissez pas.

Les Cévennes méritent d’être explorées correctement, avec le bon timing et la bonne préparation. La grande traversée du parc, par exemple, se fait classiquement sur quatre à six jours avec un dénivelé cumulé conséquent et des points d’eau à anticiper.

C’est le genre d’information qu’aucune IA ne vous donnera avec la fiabilité d’un topo écrit par quelqu’un qui l’a marché.

5/5 - (1 vote)
Quitter la version mobile