Propriétaires en zones naturelles : vos clôtures doivent être mises en conformité avant 2027 (la nouvelle loi est stricte)

nouvelle loi engrillagement

Date clé : les clôtures implantées dans les espaces naturels ou forestiers et posées entre le 4 février 1993 et le 4 février 2023 doivent être mises en conformité avant le 1ᵉʳ janvier 2027.

Un dépôt de déclaration préalable en préfecture est requis au plus tard 8 mois avant le début des travaux.

Pourquoi une loi sur l’« engrillagement » ?

Les grillages fragmentent les habitats et bloquent les déplacements d’espèces sauvages (cerfs, chevreuils, hérissons, amphibiens), ce qui aggrave mortalité, blessures et déséquilibres écologiques.

La concentration de gibier dans des enclos dégrade aussi la régénération forestière et complique l’accès des secours lors des incendies.

Le principe général

Depuis la loi n° 2023-54 du 2 février 2023, toute clôture située en espaces naturels (ou zones naturelles/forestières au PLU) et à plus de 150 m d’une habitation doit permettre la libre circulation de la faune sauvage en permanence.

Le Conseil constitutionnel a confirmé ce cadre le 18 octobre 2024, conciliant droit de propriété et protection de l’environnement.

Qui est concerné ?

Les nouvelles caractéristiques obligatoires d’une clôture « faune-friendly »

Vos obligations selon la date d’installation de la clôture

1) Vous clôturez depuis le 4 février 2023

2) Votre clôture a été posée entre le 4 février 1993 et le 4 février 2023

3) Votre clôture est antérieure au 4 février 1993

En cas de contrôle, vous devez pouvoir prouver la date d’installation (factures, attestations, photos datées, témoignages…).

Les 10 dérogations prévues par la loi (en bref)

  1. Clôtures à moins de 150 m d’une habitation ou du siège d’une exploitation agricole/forestière. 
  2. Parcs d’entraînement/concours de chiens de chasse (conditions et autorisations préfectorales spécifiques). 
  3. Élevages équins (activités agricoles).
  4. Clôtures à but scientifique encadré (recherche, archéologie).
  5. Clôtures à caractère historique/patrimonial (monuments, sites classés).
  6. Domaines nationaux (ex. Chambord, Fontainebleau…).
  7. Parcelles où s’exerce une activité agricole professionnelle (au sens du code rural).
  8. Clôtures temporaires nécessaires à des régénérations forestières (à déposer dès que la protection n’est plus nécessaire).
  9. Clôtures autour de jardins ouverts au public (au vu d’indices : ouverture, règlement municipal, etc.).
  10. Clôtures pour la défense/sécurité publique ou tout autre intérêt public (zones militaires, infrastructures de transport, énergie…).

Contrôles et sanctions

Les agents de l’OFB, des DDTM et la Gendarmerie contrôlent l’application de la loi, sous l’autorité du préfet et du procureur. En cas d’infraction (implantation non conforme, absence de mise en conformité), les peines peuvent aller jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende, avec possibles peines complémentaires (destruction de la clôture, remise en état, suspension du permis de chasser). Faire obstacle aux contrôles est aussi sanctionné (jusqu’à 6 mois de prison et 15 000 € d’amende). Ne pas respecter une mise en demeure expose à une amende administrative.

Enclos et parcs de chasse : ce qui change

Checklist express pour se mettre en règle

FAQ : 5 questions rapides

Ma clôture est en zone urbaine : suis-je concerné ?
Non, la loi cible les espaces naturels et les zones naturelles/forestières au PLU, pas les zones urbaines/périurbaines.

Je suis à moins de 150 m de ma maison : dois-je modifier ma clôture ?
Cette situation fait partie des dérogations prévues (sous conditions).

Je souhaite poser une clôture en 2025 dans une prairie naturelle : que dois-je faire ?
Respecter toutes les caractéristiques (1,20 m max, 30 cm sous clôture, matériaux autorisés, non piégeante) et déposer une déclaration préalable en mairie (urbanisme).

Que risque-t-on si on ne se met pas en conformité ?
Mise en demeure, poursuites et peines pouvant aller jusqu’à 3 ans de prison et 150 000 € d’amende, plus des mesures comme la destruction de la clôture et la remise en état.

Qui contrôle ?
L’Office français de la biodiversité (OFB), les DDTM et la Gendarmerie, sous l’autorité du préfet et du procureur.

Sources et cadre légal : Loi n° 2023-54 du 2 février 2023 (article L.372-1 du code de l’environnement), décret et arrêtés du 8 avril 2024 ; plaquette d’information OFB « Assurer les continuités écologiques : limiter l’engrillagement ». 

 

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