Perdu 37 h en montagne à 19 ans : ce que les Choco Pies lui ont appris

Tam Dao

Le 19 avril 2025, Nguyen Tuan Anh part randonner sur le mont Tam Dao avec un groupe. Épuisé, désorienté par le brouillard dense, il se retrouve seul dans un terrain escarpé.

Il n’a dans le sac qu’un stock de Choco Pies et l’eau d’un ruisseau. Trente-sept heures plus tard, les secours le retrouvent, épuisé mais stable.

Son histoire coche toutes les cases de ce qu’on devrait relire avant chaque départ en montagne.

Comment un étudiant de 19 ans s’est retrouvé seul sur le Tam Dao ?

Le mont Tam Dao, au nord du Vietnam, n’est pas une montagne anodine. Ses forêts denses, ses dénivelés marqués et ses brouillards soudains en font un terrain qui peut vite désorienter même des randonneurs aguerris.

Ce 19 avril, Nguyen Tuan Anh fait partie d’un groupe qui progresse sur le massif. La fatigue s’installe, le brouillard bouche la visibilité, et à un moment, la rupture se produit : il perd le contact avec ses compagnons. Il ne les retrouvera pas.

Ses camarades, réalisant l’absence, donnent rapidement l’alerte. Une opération de recherche d’envergure est déclenchée, impliquant des centaines d’agents et plusieurs équipes de secours en montagne. Pendant ce temps, Anh est seul dans le massif, sans moyen de communication fiable, face à la nuit et au terrain.

La gestion de l’urgence : eau de ruisseau et rationnement des biscuits

Ce qui frappe dans le récit, c’est la lucidité du jeune homme. Il dispose d’une seule source de nourriture : des Choco Pies, ces gâteaux moelleux fourrés à la guimauve de la marque sud-coréenne Orion, très populaires en Asie du Sud-Est. Plutôt que de les avaler d’un coup sous l’effet de la panique ou du stress, il les rationne soigneusement sur la durée de ses 37 heures d’errance.

Pour l’hydratation, il s’approvisionne directement à un ruisseau. C’est un geste de survie basique mais décisif : rester hydraté permet de maintenir la lucidité et d’éviter la spirale de l’épuisement accéléré.

Quand les secours le localisent le 21 avril, il lui reste encore quatre Choco Pies. La sobriété dans la gestion des ressources lui a sans doute sauvé la mise.

À retenir pour votre prochain départ : même sur une rando en groupe, partez avec de la nourriture de secours dans votre propre sac, pas dans celui du chef de file. Le brouillard peut séparer un groupe en quelques minutes sur un terrain accidenté.

Ce que cette histoire dit de la préparation en montagne

L’anecdote des Choco Pies a rendu l’histoire virale, au point qu’Orion a offert un lot de snacks au rescapé. Mais derrière le côté souriant de la chose, il y a plusieurs leçons concrètes à tirer.

D’abord, le brouillard est un vrai danger en montagne, pas une gêne visuelle passagère. Il désorganise la perception de l’espace, efface les repères topographiques et fait perdre le sens des distances. Sur des massifs boisés comme le Tam Dao, il peut rendre illisible un balisage pourtant présent.

Ensuite, la séparation d’un groupe arrive vite dès que les niveaux physiques divergent. Quand la fatigue s’installe, le rythme se fragmente. Le randonneur en queue de groupe peut ralentir sans que les autres le remarquent immédiatement, surtout si la visibilité est réduite. Un point de rendez-vous défini à l’avance, et un protocole clair si quelqu’un ne répond plus, auraient peut-être évité 37 heures de recherches et d’angoisse.

Enfin, le réflexe de s’hydrater à un cours d’eau sans purification comporte ses propres risques microbiologiques, même si dans le contexte d’une survie immédiate, c’est évidemment le bon choix. Si vous pratiquez des randonnées en zone sauvage, une pastille de purification ou un filtre compact ne pèse presque rien dans le sac.

Les automatismes à avoir avant de partir, quelle que soit la longueur du sentier

L’histoire de Nguyen Tuan Anh n’est pas réservée aux grandes expéditions en haute altitude. Des incidents similaires arrivent régulièrement sur des massifs européens, y compris sur des sentiers fréquentés. La différence entre une belle journée et un incident sérieux tient souvent à quelques préparatifs que l’on bâcle parce que la sortie « ne dure que quelques heures ».

Informer une personne extérieure de votre itinéraire prévu et de l’heure de retour attendue reste le filet de sécurité le plus simple et le plus efficace. Si personne ne sait où vous êtes, aucun secours ne peut être déclenché rapidement. Emporter une reserve alimentaire autonome, même minime, évite la dépendance totale au groupe. Et connaître les bases : trouver de l’eau, rester visible, ne pas errer dans tous les sens si l’on est perdu, s’arrêter et signaler sa position.

Pour les randonneurs qui enchaînent les sorties longues, comme sur les grands chemins de pèlerinage qui ont attiré plus de 530 000 marcheurs en 2025, ces automatismes sont souvent acquis. Sur une sortie d’une journée en groupe, on a tendance à les négliger. C’est là que le risque se niche.

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