Depuis quelque temps, une polémique enfle entre l’Isère et la Savoie autour du massif de la Chartreuse. En effet, une partie de la réserve naturelle des Hauts de Chartreuse est désormais interdite aux randonneurs suite à la décision du marquis Bruno de Quinsonas-Oudinot, propriétaire privé de 750 hectares du massif.
Ce dernier entend réguler l’accès à son domaine et les panneaux signalant cette interdiction ont déjà été apposés.
Des lieux emblématiques inaccessibles
Parmi les lieux concernés, on retrouve notamment la tour Percée – ou tour Isabelle pour le propriétaire – un véritable miracle géologique avec sa double arche de 30 m dominant le massif.
Outre ces joyaux naturels, cette mise sous cloche provoque frustration et colère chez les randonneurs, habitués à arpenter ces chemins depuis de nombreuses années.
À cela s’ajoute le fait que l’accès aux chasseurs est maintenu, ce qui renforce les tensions entre les différentes parties prenantes.
Conséquences sur le sentier GR9
#Chartreuse
Réserve naturelle de Haute Chartreuse
Dôme de Bellefont & Lances de Malissard (2045 m) pic.twitter.com/C99QDl6R94— Francis M. Martin – @fmartin1954@ecoevo.social (@fmartin1954) January 25, 2017
La situation actuelle a conduit le Parc Naturel Régional de Chartreuse à annoncer officiellement un nouveau tracé pour le sentier de Grande Randonnée 9 (GR9).
Ce changement offre l’opportunité de repenser la durée des étapes et d’intégrer plus d’hébergements et de services pour les randonneurs. Toutefois, cela ne semble pas suffisant pour calmer les esprits :
- Les chasseurs peuvent continuer à fréquenter librement ces terres;
- Les randonneurs perdent l’accès à un riche patrimoine naturel;
- Le précédent créé pourrait être suivi par d’autres propriétaires privés.
Un balisage en cours pour le nouveau tracé
Tandis que certains se montrent inquiets quant à la nouvelle trajectoire choisie pour le sentier GR9, d’autres rappellent que cette interdiction n’est pas la première du genre et qu’il est important de respecter la propriété privée en pleine nature. En attendant, quelques groupes de contestataires ont déjà publié des cartes et des itinéraires alternatifs, mais la légalité de telles pratiques reste à déterminer.
Un débat qui divise
Cette histoire a pris une ampleur considérable depuis la découverte des panneaux interdisant le passage aux randonneurs. Il est vrai que de nombreux promeneurs, grimpeurs et vacanciers se sont rendus dans la région chaque année, attirés par son cadre exceptionnel et ses paysages variés. La réserve naturelle du massif de la Chartreuse compte 4400 hectares, dont ces 750 privés qui cristallisent aujourd’hui toutes les tensions.
Entre défense du patrimoine et respect de la propriété privée
Les arguments avancés par les uns et les autres sont nombreux, chacun cherchant à défendre sa position. Certains plaident pour le respect de la propriété privée en pleine nature, rappelant que les propriétaires ont leur droit. D’autres mettent en avant le bien-être général, estimant que l’accès ne devrait pas être restreint, au risque de priver les randonneurs et les amoureux de la montagne d’un patrimoine exceptionnel.
Quelle issue pour cette situation ?
La polémique autour de cette interdiction sur le massif de la Chartreuse soulève des questions importantes : jusqu’où peut-on aller dans la privatisation de la nature ? Peut-on vraiment légaliser un tel accaparement du patrimoine naturel ? À cela s’ajoute la question plus globale du droit de passage en France, qui devient de plus en plus complexe et sujet à controverses.
En conclusion, la randonnée interdite dans le massif de la Chartreuse suscite de vifs débats entre les touristes, les randonneurs, le propriétaire privé et les défenseurs de la nature. Les enjeux sont nombreux et les conséquences potentiellement lourdes pour les pratiquants de la montagne et les amoureux du massif. Dans cette thématique sensible, il importe d’établir un dialogue constructif afin de trouver un équilibre entre respect de la propriété privée et préservation du patrimoine naturel commun.
