Louer un compagnon de rando, la nouvelle tendance venue de Chine

louer un compagnon de randonnée

Randonner seul, c’est souvent un choix assumé. Mais en Chine, une tendance étrange prend de l’ampleur : louer un compagnon pour partir en montagne, faire un jogging ou simplement avoir quelqu’un à qui parler.

Un phénomène qui dit quelque chose sur notre rapport aux sentiers, et à la solitude.

Louer un compagnon de rando : de quoi parle-t-on exactement ?

Franceinfo a relayé cette pratique qui se développe en Chine via des plateformes en ligne : on peut désormais réserver, contre rémunération, un accompagnateur pour un jogging matinal, une randonnée en montagne ou même pour écouter un chagrin d’amour.

Ces « compagnons à la location » ne sont pas des guides professionnels au sens technique du terme. Ce sont des particuliers disponibles, à l’aise en montagne ou simplement bons marcheurs, que l’on paie pour leur présence et leur compagnie pendant l’effort.

Le principe peut surprendre, voire faire sourire. Mais si on y réfléchit deux minutes, l’idée répond à un vrai problème : beaucoup de personnes n’ont pas d’amis disponibles pour partir en randonnée un mercredi matin, ou ne se sentent pas à l’aise pour rejoindre un groupe de randonneurs qu’elles ne connaissent pas.

En France aussi, de nombreux pratiquants témoignent de la difficulté à trouver des partenaires de sortie avec le même niveau, le même rythme, les mêmes disponibilités.

La solitude sur les sentiers, un sujet moins marginal qu’on ne le croit

La randonnée reste une activité majoritairement pratiquée en groupe ou en famille. Pourtant, une part non négligeable de randonneurs part seule, par choix ou par défaut.

Partir seul a ses charmes : on règle son rythme, on fait demi-tour sans négociation, on s’arrête devant chaque fleur ou chaque vue sans culpabiliser.

Mais cela peut aussi freiner les sorties, surtout sur des itinéraires engagés où une cheville tordue loin de tout devient vite un problème sérieux. Si vous cherchez à explorer de nouveaux territoires, 5 nouveaux itinéraires de grande randonnée en France peuvent aussi donner envie de convaincre quelqu’un de vous accompagner.

En Chine, ce service de compagnonnage payant s’inscrit dans un contexte social particulier : montée de l’isolement urbain, rythmes de travail intenses, difficultés à maintenir des liens sociaux réguliers. La montagne devient un espace où recréer du lien, même de manière temporaire et contractuelle.

C’est un peu déconcertant, mais ça pose une vraie question : dans nos sociétés où les balades en forêt et en nature font du bien, comment on s’organise pour ne pas y aller seul quand on n’a personne sous la main ?

Ce que cette tendance dit de la rando d’aujourd’hui

En France, les clubs de randonnée, les FFRandonnée et les associations locales jouent en partie ce rôle : proposer des sorties collectives pour tous les niveaux, avec un encadrement bénévole.

C’est gratuit, bien organisé, et ça marche. Mais le format groupe ne convient pas à tout le monde, notamment à ceux qui veulent avancer à leur propre rythme ou qui n’ont pas l’habitude des dynamiques de club.

Des applications de mise en relation entre randonneurs existent déjà en Europe, avec des fonctionnements proches des réseaux sociaux sportifs.

La différence avec le modèle chinois, c’est la rémunération directe du compagnon. Cela transforme la relation : on n’est plus dans l’échange entre pairs, mais dans une prestation de service. Est-ce que ça change quelque chose à la qualité de la sortie ? Difficile à dire sans l’avoir vécu.

À retenir : Si l’idée d’un compagnon payant reste culturellement éloignée de nos habitudes en France, elle pointe un vrai angle mort : la difficulté à trouver un partenaire de randonnée avec le même niveau et les mêmes disponibilités. Clubs locaux, applis de rencontre sportive, groupes Facebook de rando… les alternatives existent, et elles ne coûtent rien.

Et en pratique, comment trouver un partenaire de rando en France ?

Quelques pistes concrètes si vous vous reconnaissez dans cette situation. Les clubs affiliés FFRandonnée organisent des sorties hebdomadaires dans quasiment tous les départements, souvent classées par niveau.

Les groupes Facebook régionaux de randonnée sont très actifs et permettent de trouver des gens qui partent le week-end prochain sur le même massif.

Des applis comme Wikiloc ou Komoot proposent des fonctions sociales pour voir qui a fait un itinéraire et, parfois, contacter la personne.

Enfin, les refuges et gîtes d’étape sont souvent de bons endroits pour trouver quelqu’un qui fait la même portion de GR et accepte volontiers de marcher ensemble le lendemain matin.

Le modèle chinois du compagnon à la location ne va probablement pas s’importer tel quel. Mais l’idée de mieux connecter les randonneurs entre eux, avec un vrai souci de compatibilité de niveau et de rythme, mérite qu’on y pense.

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