Les randonneurs ont peut-être déjà le meilleur indicateur de longévité, selon cette étude géante

seniors

Une étude de l’Université de Leicester publiée dans le Mayo Clinic Proceedings vient de bousculer la médecine préventive : parmi cinq mesures physiques testées sur plus de 400 000 adultes britanniques, c’est la vitesse de marche qui prédit le mieux le risque de mourir prématurément, devant la pression artérielle et le cholestérol. Pour les randonneurs qui se demandent ce que leurs jambes font vraiment pour leur santé, la réponse est désormais documentée à grande échelle.

407 569 participants et une conclusion qui claque

Les chercheurs ont analysé les données de 407 569 participants au UK Biobank, une base de données médicales britannique parmi les plus riches au monde. Leur objectif : savoir si des mesures physiques simples pouvaient remplacer ou améliorer les outils classiques de prédiction du risque de mortalité. Cinq indicateurs ont été retenus : la vitesse de marche, la force de préhension (poignée de main), la fréquence cardiaque au repos, la durée du sommeil, et l’activité physique de loisir.

Résultat sans ambiguïté selon le Professeur Tom Yates, spécialiste de l’activité physique à l’Université de Leicester : « Parmi les mesures physiques étudiées, la vitesse de marche s’est révélée le prédicteur unique le plus puissant de décès. » Chez les personnes déjà atteintes de maladies chroniques, remplacer les mesures de tension artérielle et de cholestérol par la simple vitesse de marche déclarée par le patient améliorait la précision du modèle de prédiction. Quand les cinq mesures sont combinées, la précision augmente encore davantage.

Les 5 mesures physiques de l’étude : vitesse de marche, force de préhension, fréquence cardiaque au repos, durée du sommeil, activité physique de loisir. La marche rapide arrive en tête comme prédicteur isolé.

Ce que ça signifie concrètement pour un randonneur

La marche en randonnée n’est pas la même chose qu’une promenade sur trottoir plat. Sur un sentier avec du dénivelé, le corps travaille en profondeur : système cardiovasculaire, muscles stabilisateurs, équilibre, coordination. Autant de fonctions qui, selon cette étude, s’expriment dans quelque chose d’aussi basique que votre allure naturelle. Un randonneur régulier qui couvre 15 km avec 600 m de D+ sans être à bout de souffle en fin de parcours entraîne probablement plusieurs de ces cinq indicateurs simultanément.

Yuhe Wang, doctorant à l’Université de Leicester et co-auteur de l’étude, rappelle que les modèles de prédiction du risque sont utilisés aussi bien par les médecins que par les compagnies d’assurance-vie. Jusqu’ici, ces modèles s’appuyaient sur l’âge, le sexe et les antécédents de maladies chroniques. Cette étude plaide pour intégrer des mesures comportementales et physiques accessibles, sans matériel médical coûteux. « Ces résultats suggèrent que des mesures simples d’activité physique et de forme peuvent offrir un moyen rapide et économique d’identifier les personnes à risque plus élevé de décès », conclut Yates.

Marcher vite, mais pas n’importe comment

L’étude ne donne pas de seuil de vitesse précis à atteindre. Ce qu’elle mesure, c’est la vitesse de marche auto-déclarée, c’est-à-dire la perception que les participants ont de leur propre allure : lente, normale, rapide. Ce qui compte ici, c’est moins le chronomètre que la capacité à soutenir une allure sans effort excessif sur la durée. Et c’est exactement ce que construit une pratique régulière de la randonnée, à condition de varier les terrains, les dénivelés et les durées de sortie.

Pour les randonneurs passé 50 ans qui cherchent à maintenir cette forme fonctionnelle, les petits détails d’équipement comme le chaussage comptent aussi : marcher vite sur un sentier avec des pieds douloureux, ça ne dure pas longtemps. Le confort biomécanique est une condition préalable à la régularité, et c’est la régularité qui construit les bénéfices mesurés ici.

À retenir : L’étude porte sur 407 569 adultes britanniques. Les données sont publiées dans le Mayo Clinic Proceedings. Le travail est conduit par l’Université de Leicester en collaboration avec RGA (Biometric Research) et le NIHR.
Notez ce post
Quitter la version mobile