Le 9e plus grand pays du monde lance un plan géant pour devenir le nouveau paradis des randonneurs

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Le Kazakhstan vient d’annoncer l’une des plus grandes extensions de parcs naturels au monde : 20 000 km² de terres protégées supplémentaires d’ici 2035, pour un total qui dépassera celui de la Pologne et de l’Italie réunies.

Un pays immense, quasi vierge de randonneurs occidentaux, avec des paysages qui n’ont rien à envier aux destinations ultra-fréquentées.

Si vous cherchez à fuir les sentiers bondés, certains parcs européens préservés des foules vous avaient déjà mis en appétit : le Kazakhstan, c’est le niveau au-dessus.

Un pays-continent qui mise enfin sur la randonnée

Le Kazakhstan, c’est le neuvième plus grand pays du monde, et pourtant il reste quasi inconnu des randonneurs français. La faute à un manque criant d’infrastructures et d’une image encore floue pour les voyageurs européens. Tout cela est en train de changer, et vite.

Le gouvernement kazakh vient de lancer une stratégie nationale baptisée « The Concept for the Conservation and Sustainable Use of Biological Diversity for 2026-2035 ». Derrière ce nom un peu austère se cache un plan concret : porter la superficie totale des espaces protégés à environ 332 000 km², soit 20 000 km² de plus qu’aujourd’hui.

À titre de comparaison, c’est plus grand que l’Italie ou la Pologne. Ces nouveaux espaces préservés couvriront des écosystèmes très variés, des dunes de sable du désert d’Aral Karakum jusqu’aux sommets enneigés du Tian Shan, en passant par les forêts de Karkaraly.

Pour les randonneurs, cela se traduira très concrètement : nouveaux sentiers balisés, centres d’accueil pour visiteurs, sites de glamping en pleine nature, et surtout davantage de panneaux de navigation sur le terrain, notamment dans les régions de l’Ile-Alatau et des lacs Kolsai, deux zones déjà réputées parmi les rares initiés qui ont mis le pied là-bas.

Quatre paysages à ne pas rater sur les sentiers kazakhs

Le pays ne manque pas d’arguments pour sortir les chaussures de rando. Voici les sites qui devraient figurer en priorité sur votre liste :

Le Canyon de Charyn

Charyn

Souvent comparé au Grand Canyon américain, le Charyn Canyon se distingue par ses formations rocheuses d’un rouge vif qui contrastent avec le ciel bleu intense de l’Asie centrale. Les sentiers longent les falaises et descendent dans la « Vallée des Châteaux », un couloir d’érosion spectaculaire. Idéal au printemps et en automne pour éviter la chaleur.

Le lac Kaindy et sa forêt immergée

C’est l’image qui circule partout : des troncs d’épicéas qui émergent d’un lac turquoise, figés comme des sentinelles depuis le tremblement de terre de 1911 qui a créé ce lac de montagne. L’accès se fait à pied depuis un parking, et le sentier jusqu’au lac est praticable pour la plupart des randonneurs. Un lieu à part.

Les montagnes de l’Altaï kazakhe

Moins fréquentée que la partie russe ou mongole de l’Altaï, la portion kazakhe offre des itinéraires de plusieurs jours dans des vallées pratiquement désertes. C’est aussi là que le Kazakhstan réintroduit des espèces sauvages emblématiques comme les chevaux de Przewalski et les kulans (ânes sauvages), ce qui ouvre des perspectives de wildlife watching uniques.

Les lacs Kolsai

Trois lacs d’altitude reliés par un sentier de randonnée dans les montagnes du Tian Shan, à deux heures d’Almaty. Le trek entre les trois lacs se fait en une journée bien chargée ou tranquillement sur deux jours avec nuit en yourte. C’est précisément dans cette région que le gouvernement prévoit d’investir le plus en signalétique et infrastructures d’accueil.

Une biodiversité exceptionnelle, levier pour l’écotourisme

Le Kazakhstan abrite aujourd’hui plus de 6 000 espèces végétales et environ 230 espèces animales. Parmi elles, plusieurs sont en danger d’extinction : le cerf de Boukhara, le léopard des neiges et la gazelle goitrée. Le plan national prévoit leur protection renforcée, mais aussi la réintroduction de tigres dans certaines zones, une décision ambitieuse qui pourrait transformer les possibilités d’observation de la faune dans les prochaines années.

L’équivalent de 8 000 km² de forêts seront plantés ou restaurés d’ici 2035. Du côté de la mer d’Aral, dont la régression est l’un des désastres écologiques du XXe siècle, des plantations de saxaul (un arbuste résistant à la sécheresse) sont déjà en cours pour stabiliser le lit asséché et ouvrir la voie à un écotourisme sur ce territoire hors-normes.

À retenir pour préparer votre trek
Les régions les mieux équipées pour des randonnées dès maintenant sont l’Ile-Alatau (proche d’Almaty) et les lacs Kolsai. Pour le reste, comptez 2027-2030 avant que les nouvelles infrastructures soient réellement opérationnelles. La culture nomade kazakhe, avec les yourtes et l’équitation, peut s’intégrer facilement à un itinéraire de randonnée itinérante.

Randonnée à cheval et culture nomade : l’autre façon de parcourir la steppe

Le pays ne limite pas ses ambitions à la marche à pied. L’équitation est une composante centrale de la culture kazakhe, et le plan national prévoit explicitement de développer des circuits à cheval, avec davantage de guides formés à cet effet. Pour les randonneurs qui veulent varier les plaisirs, combiner deux ou trois jours de trek à pied avec une étape à cheval dans la steppe est une formule qui va devenir de plus en plus accessible.

La chasse à l’aigle, pratique nomade ancestrale toujours vivante dans l’ouest du pays, est également mise en avant comme expérience culturelle pour les voyageurs. Rien à voir avec la randonnée classique, mais c’est le genre d’itinéraire qui peut se combiner avec un trek dans les montagnes voisines pour un voyage complet loin des sentiers battus. Si l’envie d’explorer des destinations nature encore préservées vous démange, le Peneda-Gerês au Portugal offre une première mise en bouche accessible depuis la France, avant de se lancer vers l’Asie centrale.

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