Un ruisseau limpide, glacé, qui scintille au soleil… difficile de résister à l’envie d’y plonger sa gourde.
Pourtant, comme l’explique Manu Dil Corando dans une de ses vidéos, cette eau apparemment pure peut vous envoyer tout droit aux urgences.
Récemment, la préfecture des Hautes-Pyrénées a tiré la sonnette d’alarme après plusieurs intoxications graves.
Le PGHM a dû intervenir en urgence pour évacuer des randonneurs tombés malades après avoir bu directement l’eau des torrents.
Pourquoi l’eau de montagne n’est pas aussi pure qu’elle en a l’air
Le principal piège ? L’association “montagne = nature = pureté”. Or, c’est totalement faux.
Derrière une eau claire peuvent se cacher virus, bactéries et parasites invisibles à l’œil nu.
Et leurs effets sont redoutables : diarrhées violentes, vomissements, fièvres, crampes, parfois même hospitalisation.
Les causes sont multiples :
- Les animaux : troupeaux en estive, faune sauvage, déjections qui ruissellent dans les torrents.
- Les humains : bivouacs mal gérés, vaisselle faite dans l’eau, pollution agricole en amont.
- Les charognes : un animal mort en amont peut contaminer tout un cours d’eau.
Les micro-organismes responsables
Quelques exemples parmi les plus redoutés :
- Norovirus et rotavirus : responsables de gastro-entérites aiguës, parfois foudroyantes.
- Escherichia coli et Salmonella : troubles intestinaux sévères, infections graves possibles.
- Giardia lamblia (“fièvre du castor”) : diarrhées, douleurs abdominales, perte de poids.
- Cryptosporidium : parasite très résistant, insensible au chlore, pouvant survivre un an dans l’eau.
Le plus inquiétant : certains parasites survivent des semaines (voire des mois) dans l’eau froide, rendant les simples pastilles de chlore inefficaces.
Les solutions pour rendre l’eau potable
Heureusement, il existe des moyens efficaces de réduire les risques :
- Les gourdes filtrantes : Catadyn BeFree, LifeStraw, ou la plus récente Oco qui filtre aussi certains virus grâce à son système hybride.
- Le charbon actif : améliore le goût et élimine certains polluants chimiques.
- Les pastilles Micropur : pratiques en dépannage, mais nécessitent de l’attente et laissent parfois un goût désagréable.
- L’ébullition : la méthode la plus fiable sans matériel spécifique. 1 minute à basse altitude, 2 min 30 au-dessus de 2000 m.
Les 3 règles d’or pour ne pas tomber malade
- Avoir toujours un système de purification : filtre, pastilles ou au minimum la possibilité de faire bouillir l’eau.
- Ne jamais se fier aux apparences : éviter les eaux troubles, stagnantes, ou situées en aval de pâturages.
- Planifier ses points d’eau : repérer les sources sur la carte, vérifier leur état (refugeinfo.net, offices du tourisme).
La meilleure règle à suivre étant toutefois d’avoir toujours suffisamment d’eau sur vous !
En cas d’intoxication
Les symptômes (vomissements violents, diarrhées sanglantes, fièvre, faiblesse générale) doivent alerter immédiatement.
Dans ce cas : redescendez, appelez le 112, et prévenez vos proches. En montagne, une intoxication alimentaire peut vite tourner au drame.
Conclusion
En randonnée, retenez cette phrase : eau claire ne veut pas dire eau saine. Avec un minimum d’anticipation (filtre, pastilles, ébullition), vous pouvez éviter des mésaventures qui gâcheraient votre aventure.
Alors, la prochaine fois que vous croisez un torrent étincelant, pensez-y à deux fois avant de boire… et gardez vos gourdes filtrantes à portée de main.
