Il cherchait « des pierres spéciales à montrer en classe » : un gamin de 8 ans trouve une statuette de 1 700 ans en randonnant dans le Néguev

Il cherchait « des pierres spéciales à montrer en classe ». Il a ramené un fragment de statuette romaine vieux de 1 700 ans. Dor Wolynitz, 8 ans, a fait cette découverte en se baladant avec sa famille dans le cratère Ramon, au cœur du désert du Néguev, en Israël. Une belle preuve que les sentiers les plus ordinaires peuvent cacher des surprises extraordinaires, comme on le rappelait dans notre article sur les activités inattendues à faire en montagne.

Une balade en famille, un regard curieux sur le sol

An 8-year-old boy discovered a magnificent 1700-year-old ancient statuette fragment during ar trip

La scène se déroule lors d’un week-end de randonnée familiale organisé pour des familles de parachutistes de l’armée israélienne. Dor Wolynitz, 8 ans, originaire de Rehovot, arpente le cratère Ramon, ce cirque géologique spectaculaire du Néguev, quand quelque chose attire son œil. « J’ai remarqué une pierre intéressante avec des stries sur le sol, et je l’ai ramassée. Ça semblait être un objet inhabituel », explique-t-il dans le communiqué de l’Autorité israélienne des Antiquités (IAA).

La chance a voulu qu’Akiva Goldenhersh, superviseur de l’Unité de prévention des vols de l’IAA, participe lui aussi à cette sortie. Dor lui montre sa trouvaille. « Au début, j’ai cru que c’était un fossile, puis j’ai remarqué les plis sculptés du vêtement, et j’ai été très excité ! », confie Goldenhersh. Le fragment est petit, environ 6 x 6 centimètres, mais il représente la partie supérieure d’un torse masculin, recouvert d’un tissu sculpté avec des plis très soignés. Un travail d’une finesse qui ne laisse aucun doute : ce n’est pas un caillou ordinaire.

Un fragment romain, probablement Jupiter, taillé dans la pierre locale

Un fragment de figurine romaine datant de 1 700 ans, découvert par Dor Wolynitz, âgé de huit ans, lors d’une randonnée dans le Néguev, selon une annonce faite par l’Autorité des antiquités d’Israël le 11 mai 2026. (Emil Aladjem/Autorité des antiquités d’Israël)

Examiné par le géologue de l’IAA, le Dr Nimrod Wieler, l’objet s’avère taillé dans de la phosphorite, un minéral clair typique du sous-sol du Néguev. Ce matériau local suggère que la statuette a été fabriquée sur place, ou en tout cas avec des ressources régionales, il y a environ 1 700 ans, soit à l’époque romaine.

Selon les archéologues de l’IAA, le fragment pourrait représenter Jupiter, le dieu suprême du panthéon romain. La zone où il a été trouvé n’est pas choisie au hasard : elle se situe à proximité du site archéologique de Khan Saharonim, une auberge de voyageurs qui servait les caravanes sur la route des épices, d’abord à l’époque nabatéenne, puis sous domination romaine. Les Nabatéens, peuple semi-nomade très actif dans le commerce, ont occupé le Néguev entre le IIIe siècle avant notre ère et le IIe siècle de notre ère. Autant dire que ce bout de chemin entre cratère et désert a vu passer du monde.

À retenir : Le fragment mesure 6 x 6 cm et représente un torse masculin drapé. Daté d’environ 1 700 ans, il est taillé dans de la phosphorite locale. L’IAA l’attribue peut-être à une représentation du dieu romain Jupiter.

Ce que ça change pour les randonneurs curieux

Cette histoire n’est pas qu’une anecdote sympathique. Elle rappelle une chose concrète : les sentiers de randonnée traversent souvent des zones archéologiques ou historiques riches, et le sol garde parfois des témoignages que les prospections officielles n’ont pas encore atteints. Le cratère Ramon, l’un des plus grands cirques d’érosion du monde avec ses 40 kilomètres de long, est classé réserve naturelle. On y randonne pour ses paysages lunaires, ses couleurs minérales, sa faune. Mais visiblement, aussi pour ses surprises enfouies.

La réaction de Dor est d’ailleurs un beau modèle d’attitude sur le sentier : observer, ramasser avec précaution, montrer à quelqu’un de compétent, et surtout ne rien emporter ni altérer. En Israël comme en France, les objets archéologiques découverts fortuitement appartiennent à l’État. La bonne démarche, c’est exactement celle de ce gamin de 8 ans : signaler la trouvaille aux autorités compétentes. Si tu veux explorer autrement et aiguiser ton regard sur le terrain, combiner randonnée et observation naturaliste ou archéologique, ça rejoint l’esprit de la micro-aventure : sortir du sentier balisé dans la tête, pas forcément dans les pieds.

Dor, lui, a rendu le fragment aux archéologues. La statuette sera étudiée, et peut-être exposée. Pour un enfant qui voulait juste « trouver quelque chose de spécial », le résultat dépasse largement les attentes.

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