Il a déjà marché 20 000 km autour du monde… et il n’est qu’à mi-chemin

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Trois ans de marche, 20 000 km avalés, et la moitié du chemin encore devant lui. L’Australien Alexander Campbell réalise un tour du monde à pied de 40 000 km, et son itinéraire donne le vertige. Pour ceux qui ont déjà du mal à boucler un week-end rando sans oublier les chaussettes, son parcours va relativiser pas mal de choses.

40 000 km à pied : le projet insensé d’un marcheur australien

I Walked Around the World for 1,000 Days 🌍

Alexander Campbell, 31 ans, a quitté Sydney le 12 février 2023 avec un objectif simple à énoncer et dément à réaliser : faire le tour du monde à pied, de Sydney à Sydney, soit environ 40 000 km. À ce jour, il a parcouru exactement 20 000 km en 1 177 jours de marche. Il est actuellement quelque part en Macédoine du Nord, dans la ville de Probistip à l’est du pays, et il lui reste grosso modo l’Europe entière, les Amériques, la Nouvelle-Zélande et le retour à Sydney. Autant dire que le programme des prochains mois est bien chargé.

Ce n’est pas un inconnu du grand itinéraire. Avant ce tour du monde, Campbell avait déjà dans les jambes le Colorado Trail (800 km), le Great Himalaya Trail intégral à travers le Népal (1 600 km), et une traversée de 3 750 km des Flinders Ranges jusqu’à Sydney. Pas le profil du randonneur du dimanche qui découvre les cairns en vacances.

Le chiffre qui impressionne : 20 000 km en 1 177 jours, c’est une moyenne d’environ 17 km marchés chaque jour, sans exception. Week-ends compris.

Un itinéraire qui traverse les endroits les plus exigeants de la planète

La route d’Alexander Campbell ne suit pas les sentiers touristiques balisés. Depuis l’Australie, il a longé la côte est avant de piquer vers l’Asie du Sud-Est, passant par la Thaïlande et la Malaisie, puis l’Inde, le Népal et le Pakistan. Deux passages par le sous-continent himalayen, donc, mais avec des approches très différentes.

Lors de ce second passage au Népal, les réglementations locales interdisant la randonnée solo non guidée dans certaines zones isolées l’ont contraint à combiner itinéraires basse altitude et trekking de haute montagne. Malgré ces contraintes, il a tout de même passé du temps significatif dans la région du Khumbu au printemps 2024, grimpant le Gokyo Ri (5 357 m), franchissant le col du Kongma La (5 540 m) et atteignant le camp de base de l’Everest. Au 419e jour de son périple, il a également gravi le Kala Patthar, ce promontoire rocheux qui offre l’un des panoramas les plus spectaculaires sur l’Everest. Les amateurs de treks himalayens savent ce que représentent ces noms, et les classements de grands itinéraires mondiaux confirment régulièrement que ces régions figurent parmi les plus exigeantes et les plus belles du globe.

Après le Népal et le Pakistan, il est entré en Chine en février 2025, puis a traversé le Tadjikistan et les montagnes du Pamir avant d’atteindre l’Ouzbékistan. Là, il a entrepris une traversée de 120 km dans le désert entre Navoiy et Boukhara, une ancienne étape de la Route de la soie, en marchant le long de pistes non goudronnées avec des nuits de bivouac au bord de la route et des températures souvent sous zéro. Pas exactement une sortie d’interclub.

La traversée de l’Asie centrale, passage le plus rude du voyage

Le désert ouzbek en été 2025 représente probablement le moment le plus éprouvant de cette odyssée jusqu’ici. Pas de sentier, pas de balisage, pas de refuge. Juste une route poussiéreuse, le sable, le froid nocturne et 120 km à avaler seul. Après ce passage, Campbell a accordé une longue pause à Almaty, au Kazakhstan, où il a passé plusieurs mois à se reposer, socialiser et monter ses vidéos.

Il a repris la route début 2026, traversant les montagnes de Géorgie, puis la Turquie, avant d’entrer en Europe par Istanbul. Il a ensuite continué à pied en Bulgarie et en Macédoine du Nord, là où il se trouve actuellement. L’objectif est de boucler la traversée de l’Europe d’ici la fin 2026. Après quoi, les Amériques l’attendent, puis la Nouvelle-Zélande en intégral, avant le retour final à Sydney.

Sur la logistique : Campbell alterne entre bivouac en tente et hébergement chez l’habitant. Il voyage avec un équipement minimal, combinant portions goudronnées et chemins hors route. Son financement repose apparemment sur YouTube, Instagram (500 000 abonnés) et un compte Patreon. Les sections océaniques sont effectuées en avion.

Ce que son aventure dit des grandes traversées à pied

Campbell avait estimé initialement que les 40 000 km lui prendraient environ quatre ans. Avec plus de trois ans écoulés et seulement la moitié du parcours réalisée, cette estimation semble aujourd’hui optimiste. Il lui faudra probablement plusieurs années supplémentaires pour atteindre Sydney.

Ce type de projet dépasse évidemment le cadre de la randonnée classique, mais il dit quelque chose d’intéressant sur ce que le pied humain est capable d’encaisser sur la durée, et sur la façon dont les grand itinéraires balisés que nous arpentons le week-end, GR, TMB ou autres, s’inscrivent dans une tradition bien plus large de marche longue distance. Si tu cherches à te lancer sur des sentiers un peu moins connus pour commencer, quelques itinéraires confidentiels méritent le détour avant de viser les 40 000 km.

Pour suivre Alexander Campbell, il est actif sur Instagram et YouTube, avec des vidéos publiées régulièrement, même si son calendrier de publication ne suit pas toujours l’ordre chronologique du voyage.

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