Dans les Hautes-Pyrénées, le sentier PR2 dit « La Pierre du Diable » vient de retrouver une passerelle en bois toute neuve au-dessus du ruisseau de l’Aube. Huit kilomètres accessibles, deux légendes médiévales et des paysages entre prairies et forêts : ce circuit près de Layrisse mérite franchement le détour.
Si tu aimes les itinéraires qui racontent une histoire, lis la suite avant de nouer tes lacets.
Une rénovation signée Brigade Bleue
C’est la Brigade Bleue de la communauté d’agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées (CATLOP) qui a mené les travaux : la passerelle en bois qui enjambe le ruisseau de l’Aube, sur la commune de Layrisse, a été totalement restaurée. Pas un simple rafistolage, une remise à neuf complète. Pour les randonneurs qui connaissaient ce tronçon, la traversée du ruisseau est désormais nettement plus engageante, et pour les nouveaux venus, c’est une belle entrée en matière sur ce circuit communautaire.
Le PR2 fait partie des itinéraires balisés entretenus par la collectivité dans les Hautes-Pyrénées, un département qui soigne ses sentiers, comme en témoignent les classements réguliers de ses lacs et sommets parmi les plus beaux de la chaîne. Les amateurs de grandes destinations montagne le savent : le Toubkal est classé parmi les 9 plus beaux treks du monde par Lonely Planet, mais les pépites de proximité ont souvent autant à offrir.
8 km, une boucle accessible et deux légendes qui tiennent compagnie
La randonnée est qualifiée d’accessible par les habitués du secteur. Huit kilomètres en boucle, sans difficulté technique particulière signalée, ce qui en fait une sortie idéale pour découvrir la campagne pyrénéenne entre Layrisse et Bénac sans se retrouver à court de souffle. La durée n’est pas précisée dans les sources, mais sur ce type de terrain et cette distance, compte entre 2h30 et 3h30 selon ton allure.
Le point de départ se situe à Bénac, depuis l’angle sud-ouest de la place. Le chemin démarre entre prairies et bois, traverse une route départementale, puis rejoint la passerelle rénovée sur l’Aube. Il passe ensuite par le village de Visker, franchit à nouveau l’Aube et revient en direction de Layrisse. Avant de boucler la boucle vers Bénac, un petit détour s’impose pour aller voir la fameuse Pierre du Diable, le rocher qui donne son nom à tout l’itinéraire.
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La Pierre du Diable : deux légendes pour un seul rocher
Ce bloc de quartz d’environ 1,5 mètre de haut planté dans le sol, à la limite entre Layrisse et Bénac, n’est pas qu’une curiosité géologique. Il traîne au moins deux légendes bien ancrées dans la mémoire locale, et elles valent le détour à elles seules.
Le chevalier Bos Bénac et le pacte avec le Malin
La première remonte aux croisades. Le chevalier Bos Bénac croupissait dans des cachots en Palestine quand le Diable lui-même serait venu le délivrer. L’objectif : le ramener en urgence à Bénac pour empêcher le remariage de son épouse. Le trajet fut pour le moins brutal, et c’est en « atterrissant » après un bond monumental que le Prince des ténèbres aurait laissé sa marque sur le rocher. Depuis, la pierre porte son nom.
Roland contre le Diable : le concours de saut à cheval
La deuxième légende met en scène Roland, neveu de Charlemagne, dans un concours de saut à cheval face au Diable. Roland se serait élancé depuis le Vignemale et la marque sur le rocher aurait été causée par le sabot de sa monture à la réception. Le Malin, lui, aurait perdu le concours : une trace de sa défaite serait encore visible au sommet de la colline de Miramont, non loin de là. Pour les amateurs de randonnées qui traversent des paysages chargés d’histoire, ce détour vaut clairement l’arrêt.
Quand y aller ?
Le circuit est accessible une bonne partie de l’année. La source ne précise pas de saison idéale, mais sur ce type d’itinéraire de basse-moyenne montagne dans les Hautes-Pyrénées, le printemps (avril à juin) et l’automne (septembre à octobre) offrent généralement les meilleures conditions : prairies en fleurs ou couleurs dorées, températures douces, et nettement moins de monde que lors des pics estivaux. La passerelle fraîchement rénovée sera particulièrement appréciée au printemps quand le ruisseau de l’Aube est bien alimenté.
