« C’est quoi un baudrier ? » : le coup de gueule d’un alpiniste face aux nouveaux touristes des sommets

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Corde, rampons, piolet… et pourtant, autour de lui, baskets de ville, débardeurs et randonneurs venus surtout bronzer.

Dans une lettre émouvante publiée dans la presse locale, Paolo Acler, médecin à la retraite et passionné de montagne, partage sa dernière ascension du Sasso Nero des Aurines.

À travers son témoignage, il dresse le portrait de deux mondes qui cohabitent désormais en altitude : celui des alpinistes traditionnels et celui des nouveaux « visiteurs de sommet ».

Deux approches opposées de la montagne

Acler décrit son étonnement devant la présence croissante de touristes peu préparés en haute montagne.

Là où lui et ses compagnons sortent la corde, consultent les topos et s’assurent d’être équipés de rampons et piolet, d’autres se présentent en simples baskets, sans casque ni baudrier.

Il raconte notamment sa rencontre avec une jeune femme, vêtue pour bronzer plutôt que pour gravir un glacier, qui lui demanda ingénument : « C’est quoi un baudrier ? ».

L’expérience du Sasso Nero

Pour Acler, le Sasso Nero représentait une ascension qu’il rêvait depuis longtemps, inspiré par les guides papier lus au fil des décennies.

Sur place, il constate que l’accès a changé : un nouveau passage équipé facilite l’approche, et la réservation au refuge se fait désormais en ligne.

Mais ce qui le frappe surtout, c’est la banalisation du sommet : certains inscrivent fièrement sur le livre de sommet avoir mis « 45 minutes » depuis le refuge, comme s’il s’agissait d’une performance sportive éclair, oubliant la dimension de prudence et de respect de l’environnement alpin.

Un contraste saisissant sur la neige

Lui et ses compagnons progressent encordés, comme le veut la tradition sur glacier, alors que beaucoup traversent sans précaution, en chaussures de sport légères.

Pourtant, ils croisent aussi d’autres « dinosaures », cordés et casqués, partageant cette même sensibilité à la sécurité.

Ces rencontres leur rappellent que l’esprit alpiniste n’a pas totalement disparu, malgré l’essor d’une nouvelle génération de randonneurs parfois inconscients des dangers.

Un espoir dans les nouvelles générations

La descente réserve à Acler une note plus optimiste : il croise une famille dont les jeunes enfants, âgés de moins de dix ans, sont correctement équipés de chaussures de montagne et progressent avec prudence.

Une image qui redonne espoir : l’éducation et la transmission restent possibles, même à l’ère de l’overtourisme.

Réflexion finale

À travers ce récit, Paolo Acler met en lumière les tensions qui traversent aujourd’hui la montagne : entre pratique traditionnelle et consommation touristique, entre prudence et légèreté.

Mais il conclut sur une lueur d’espérance : tant que des familles et des passionnés continueront à transmettre les bonnes pratiques, la montagne pourra rester un espace de liberté et de respect.

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