Ce spot français vient d’être élu plus beau site de rando au monde, mais ce n’est pas une bonne nouvelle…

calanques marseille

Les calanques de Marseille viennent d’être sacrées meilleur site de randonnée au monde. Une consécration qui réjouit les amoureux du coin, mais qui soulève aussi des questions concrètes sur l’avenir de ces sentiers entre falaises blanches et eau turquoise.

Un titre mondial qui ne surprend pas ceux qui ont chaussé leurs boots sur le GR 98

ON FAIT LE GR98 DES CALANQUES EN 1 JOUR

Quiconque a déjà posé le pied sur les sentiers du Parc national des Calanques sait que la comparaison avec le reste du monde n’est pas usurpée. Entre la calanque de Sormiou, accessible depuis Marseille en moins d’une heure de marche, et les à-pics vertigineux qui plongent dans une Méditerranée d’un bleu presque irréel, le décor tient davantage du rêve que du quotidien. Le massif, créé en parc national en 2012, s’étend sur environ 20 kilomètres de littoral entre Marseille et Cassis, avec un réseau de sentiers qui cumule plusieurs centaines de kilomètres de chemins balisés. Le GR 98, colonne vertébrale de la traversée côtière, relie Marseille à Cassis sur une cinquantaine de kilomètres, avec des dénivelés qui peuvent dépasser les 1 000 mètres cumulés sur certaines portions. Ce n’est pas de la haute montagne, mais c’est loin d’être une promenade : le terrain calcaire est souvent exposé, les dévers sont traîtres par temps humide, et le soleil en été tape sans pitié.

Un site d’exception sous pression : la fréquentation, vrai sujet derrière le titre

Ce sacre international ne fait pas que des heureux. Et c’est là que l’histoire devient plus nuancée. Les gestionnaires du parc national jonglent depuis des années avec un paradoxe classique : plus un site est beau, plus il attire du monde, et plus il se dégrade. Les calanques reçoivent déjà plusieurs millions de visiteurs chaque année. En été, certains accès sont soumis à des jauges et des systèmes de réservation obligatoire. Les sentiers les plus fréquentés, comme celui menant à En-Vau ou à Sugiton, subissent une érosion visible, et la végétation méditerranéenne, déjà fragile sur ce substrat calcaire, peine à se régénérer sous la pression des passages. Le risque incendie impose par ailleurs des fermetures régulières entre juin et septembre, parfois plusieurs jours d’affilée. Le titre de meilleur site de randonnée au monde risque donc d’amplifier une tendance que les équipes du parc tentent précisément de contenir.

Conseil de terrain : Pour profiter des calanques sans subir la foule, privilégiez les mois d’octobre à décembre ou de mars à mai. Les conditions sont bien meilleures qu’en plein été : températures supportables, sentiers praticables, accès libres. Consultez le site du Parc national des Calanques avant de partir pour vérifier les restrictions en cours.

Ce que ce classement change concrètement pour le randonneur

Pour qui prépare une sortie sur le massif, la réalité pratique reste la même : un départ possible depuis le métro Castellane à Marseille, un balisage soigné en jaune ou en blanc-rouge selon les GR, des points d’eau rares (à anticiper avec au moins 2 litres par personne en saison chaude), et un terrain qui nécessite des chaussures à semelles rigides plutôt que des baskets légères. Les parkings aux abords du massif sont saturés dès le week-end printanier, et certains accès en voiture sont carrément interdits le week-end estival. Le mieux reste d’arriver en transport en commun depuis Marseille ou Cassis. Ce que ce titre mondial peut changer, en revanche, c’est l’afflux de nouveaux randonneurs moins familiers du terrain, attirés par le classement sans connaître les contraintes du parc. Raison de plus pour s’informer avant de partir, et de ne pas sous-estimer un massif qui, malgré son accessibilité apparente depuis une grande ville, réserve des passages techniques et une exposition solaire qui peuvent surprendre.

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