Adieu les randonnées : cette nouvelle tendance de voyage en pleine nature s’impose dans le monde des vacances

bye hiking trip

Et si la prochaine grande aventure ne se faisait pas à pied ? Le tourisme à vélo progresse de 20 % en 2025, et 2026 confirme la tendance. Pour ceux qui aiment couvrir du terrain, respirer l’air libre et dépasser leurs limites sans se massacrer les genoux, la bécane itinérante s’impose comme une alternative sérieuse aux trekking poles. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, ça ne concerne pas que les sportifs aguerris.

Pourquoi le vélo itinérant séduit autant en ce moment

La randonnée reste un pilier du voyage outdoor. Mais elle a ses limites bien réelles : une journée chargée dépasse rarement 15 à 20 km à pied, le sac de 12 ou 15 kilos finit par peser sur les lombaires, et la logistique de départ demande souvent un deuxième véhicule ou un trajet en navette. Le vélo de voyage lève plusieurs de ces contraintes d’un coup.

La société de voyages Boston Explore Worldwide a mesuré une hausse de 20 % des réservations sur ses circuits cyclistes entre 2024 et 2025, avec une projection encore plus solide pour 2026. Ce qui frappe dans leurs chiffres : ce sont les itinéraires « loisir » et « modéré » qui tirent la croissance, pas les circuits sportifs. Autrement dit, ce n’est pas le peloton en lycra qui fait monter les stats, c’est monsieur et madame Tout-le-Monde qui veulent voir du pays à une allure humaine, sans se transformer en coureurs de Grand Tour.

Euro Bike Cycling Holidays abonde dans le même sens : les voyageurs recherchent des expériences plus lentes, davantage ancrées dans la nature, avec de vrais échanges locaux. Un positionnement qui ressemble finalement beaucoup à ce que les randonneurs aiment dans leurs sorties en montagne ou sur les GR.

Ce que le vélo apporte que la marche ne peut pas donner

Sur le plan purement physique, le vélo est souvent décrit comme quatre fois plus économe en énergie que la marche pour une distance équivalente. Concrètement, vous couvrez bien plus de kilomètres dans la même journée, avec un effort musculaire différemment réparti. Pas de choc répété sur les articulations, pas de frottements aux talons, et une position qui change les zones de travail. Pour les personnes qui ont des genoux fragiles ou le dos sensible, c’est parfois le seul moyen de continuer à voyager activement.

Et le matériel a énormément évolué. Les vélos à assistance électrique (VAE) permettent aux cyclistes de 60 ans et plus de tenir des journées de 60 à 80 km sans être démonétisés en arrivant à l’étape. Les vélos à pneus larges (« fat bikes ») roulent désormais sur plage, sur herbe et sur chemin forestier. Les vélos de gravel couvrent les routes blanches et les chemins agricoles. Les remorques et sacoches de bikepacking répartissent la charge différemment d’un sac à dos, ce qui change radicalement la gestion de l’effort en côte.

Le chiffre à retenir : Le cyclisme est environ 4 fois plus économe en énergie que la marche à pied pour la même distance couverte. Un avantage concret pour multiplier les journées d’étape sans s’épuiser.

Bikepacking ou voyage organisé : deux façons d’entrer dans le sujet

Pour les randonneurs habitués à porter leur autonomie dans le sac, le bikepacking est la version cycliste la plus proche de leur univers. On utilise des sacoches minimalistes fixées au cadre, au guidon et à la selle pour emporter le strict nécessaire. On plante la tente où le terrain le permet, on s’organise comme pour un trek mais à 25 km/h de moyenne. Cette pratique monte en puissance, notamment sur les voies vertes et les itinéraires EuroVelo.

Pour ceux qui préfèrent un filet de sécurité logistique, les circuits guidés ou semi-guidés existent depuis longtemps en Europe. On pédale de point A à point B, les bagages sont transportés d’étape en étape par un véhicule, et le soir on récupère sa valise à l’hôtel. Aucune logistique à gérer sur la route, juste les kilomètres à avaler. Ces formules, proposées notamment par Explore Worldwide ou Euro Bike, sont exactement ce qui tire la croissance du secteur.

Les deux approches partagent un point commun avec la rando : le voyage se fait à l’échelle humaine, au rythme de ce que l’on voit, sent et entend. Pas de vitre entre soi et le paysage. C’est probablement pour ça que les randonneurs constituent une bonne partie des nouveaux adeptes du vélo itinérant. Si vous aimez les destinations européennes à explorer à son propre rythme, le vélo itinérant ouvre exactement les mêmes territoires, parfois les mêmes chemins.

Par où commencer si l’idée vous démange

Premier point pratique : le vélo peut être coûteux et demande un entretien régulier. Une crevaison ou une chaîne sautée en plein itinéraire, ça arrive à tout le monde. Quelques heures passées à apprendre à changer une chambre à air et à régler un dérailleur évitent beaucoup de galères. Si vous partez en circuit organisé, l’assistance technique est généralement incluse ou disponible rapidement.

Pour un premier voyage, un itinéraire balisé et bien documenté vaut mieux qu’une traversée improvisée. Les grandes voies cyclables européennes (EuroVelo 6 le long de la Loire et du Rhin, La Vélodyssée sur l’Atlantique, la Méditerranée à Vélo) offrent des tronçons de quelques jours que l’on peut faire sans engagement sur l’intégralité du parcours. On teste, on jauge, on ajuste le kilométrage quotidien. Exactement comme on choisit une première rando en découvrant un massif.

À noter : Le stationnement du vélo peut poser problème : certains hébergements rechignent à stocker les vélos en chambre. Mieux vaut vérifier avant de réserver, ou choisir des hôtels labellisés « Accueil Vélo » qui sont équipés pour ça.

Randonnée et vélo itinérant ne s’excluent pas. Beaucoup de voyageurs combinent les deux : on pédale jusqu’à un massif, on pose le vélo quelques jours pour une boucle à pied, puis on reprend la route. L’un nourrit l’autre.

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