En 2025, ils ont été 530 998 à pointer au bureau des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, soit 6,2 % de plus qu’en 2024. Un record.
Mais derrière « le Chemin », il y a en réalité cinq itinéraires distincts depuis la France, avec des caractères bien différents. Voici comment choisir le vôtre.
Un record de fréquentation qui ne s’explique pas seulement par la spiritualité
Les chemins de Compostelle attirent des profils très variés : pèlerins croyants, mais aussi randonneurs en quête de grand itinéraire, de dépaysement ou tout simplement d’une aventure à l’échelle humaine. Et comme nous le rappelions dans notre article sur les 10 compétences essentielles du randonneur, marcher sur plusieurs semaines mobilise des savoir-faire bien concrets, bien au-delà de la motivation du départ.
Le chiffre de 530 998 correspond uniquement aux marcheurs qui ont accompli la démarche d’obtenir le compostela, le certificat officiel remis à Santiago, attestant qu’ils ont parcouru au minimum les 100 derniers kilomètres à pied (ou 200 km à vélo). La fréquentation réelle des chemins est donc bien supérieure. La hausse 2025 s’est surtout fait sentir côté espagnol, mais l’ensemble des voies françaises reste très actif. Romans, films, reportages télévisés et même contenus coréens et américains ont clairement contribué à cet engouement mondial.
Les 5 chemins de Compostelle depuis la France
Tous convergent, à un moment ou un autre, vers l’Espagne et finalement vers Saint-Jacques-de-Compostelle, où se trouve dans la crypte de la cathédrale le tombeau de l’apôtre Saint-Jacques le Majeur. Mais les départs, les paysages traversés et les distances varient considérablement d’une voie à l’autre.
La Via Podiensis (Voie du Puy) – GR65
C’est la voie la plus fréquentée depuis la France et l’une des trois principales. Balisée dès les années 1970, elle part du Puy-en-Velay en Auvergne et couvre environ 750 km jusqu’à Saint-Jean-Pied-de-Port au Pays basque, porte d’entrée vers l’Espagne. On y traverse les plateaux du Massif central, l’Aubrac sauvage, le Quercy caussenard et la vallée du Lot. Les abbayes et églises romanes jalonnent le parcours : Conques, Moissac, La Romieu. Les petits villages où l’on s’arrête le soir font partie de l’expérience autant que les kilomètres.
La Via Lemovicensis (Voie de Vézelay) – GR654
Au départ de Vézelay en Bourgogne, cette voie dépasse les 1 000 km avant d’atteindre elle aussi Saint-Jean-Pied-de-Port. Elle traverse le Centre-Val de Loire et le Limousin en passant par Bourges, Limoges et Périgueux. Plusieurs variantes d’itinéraires existent, mais l’axe principal suit le GR654 balisé. C’est un chemin marqué autant par l’Histoire que par la nature, avec une fréquentation sensiblement plus modérée que la Via Podiensis.
La Via Turonensis (Voie de Tours)
Partant de Tours (ou parfois de Paris), cette voie traverse la Touraine, le Poitou et la Gascogne avant de passer les Pyrénées. C’est historiquement l’une des quatre grandes voies médiévales décrites dans le Codex Calixtinus du XIIe siècle. Elle est réputée pour la richesse de son patrimoine roman, notamment l’abbaye de Saint-Martin de Tours et les étapes saintongeaises.
La Via Tolosana (Voie d’Arles) – GR653
La plus méridionale des voies françaises part d’Arles en Provence et traverse le Languedoc, les Pyrénées via le col du Somport (contrairement aux autres voies qui passent par Roncevaux). Le GR653 offre des paysages de garrigue, de vignobles et de montagne pyrénéenne, avec une ambiance plus sèche et lumineuse que les voies atlantiques. Elle est parfois moins encombrée, notamment hors saison.
La Via Gebennensis (Voie de Genève)
C’est la voie la moins connue des cinq, partant de Genève (ou du Puy-en-Velay selon le tronçon retenu) et rejoignant la Via Podiensis après avoir traversé les Alpes et le Massif central. Elle attire des randonneurs venus de Suisse, d’Italie ou d’Allemagne cherchant à allonger encore davantage leur périple avant même d’atteindre la France.
Par où commencer concrètement ?
Le choix du chemin dépend autant de votre point de départ géographique que du temps disponible. La Via Podiensis reste la référence pour un premier Compostelle : balisage quasi irréprochable, gîtes d’étapes nombreux, communauté de marcheurs dense. Si vous préférez davantage de solitude, la Via Tolosana ou la Via Lemovicensis peuvent séduire, surtout hors juillet-août où la Voie du Puy peut ressembler par endroits à un sentier de grande fréquentation.
Quelle que soit la voie choisie, les semaines en perspective exigent une vraie préparation physique. Si vous avez passé 40 ans, jetez un oeil à ces 3 tests pour savoir si vos jambes sont vraiment prêtes avant de chausser vos boots pour 750 km.
