29 km de sentiers historiques supprimés dans les Calanques : les randonneurs parlent d’une « disparition organisée »

calanques disparition

Depuis quelques mois, un phénomène inquiétant secoue le massif des Calanques : des sentiers historiques, utilisés depuis des générations par les randonneurs, les grimpeurs et les amoureux du littoral, sont fermés les uns après les autres.

Barrières, panneaux dissuasifs, débalisage… alors qu’aucun accident n’a été signalé.

Une décision qui alarme la communauté outdoor et soulève une question brûlante : sommes-nous en train de laisser disparaître un patrimoine vivant ?

Deux nouveaux sentiers fermés du jour au lendemain

L’ONF (Office National des forêts) vient d’ajouter deux itinéraires emblématiques à la liste déjà longue des chemins condamnés :

Panneaux « risque de chute mortelle », barrières, débalisage complet… Le tout sans accident, sans éboulement documenté, et sur la base d’un simple signalement isolé. Pour beaucoup, c’est le coup de trop.

29 km de sentiers effacés : une disparition massive mais silencieuse

Ce n’est pas un cas isolé : un inventaire en cours estime déjà à 29 kilomètres la distance totale des sentiers effacés ou interdits dans les massifs de Marseilleveyre et du Puget. Un chiffre vertigineux, passé presque inaperçu, alors qu’il touche les chemins mêmes qui ont façonné la culture outdoor marseillaise.

Ces sentiers ne s’adressaient pas au grand public, mais à des pratiquants avertis, habitués aux passages aériens. Pour eux, l’interdiction ne signifie pas protection, mais effacement progressif d’une mémoire commune.

Un schéma de fermeture bien rodé

Les habitués du massif reconnaissent un processus désormais familier :

Une fois oubliés du public, ces sentiers cessent d’exister… jusqu’à disparaître totalement du terrain. Ce sont pourtant les mêmes chemins qui ont vu passer excusionnistes, grimpeurs, familles et passionnés pendant des décennies.

Protection ou exclusion ? Le débat qui divise

Derrière ces fermetures se cache une tension profonde entre trois visions :

Beaucoup redoutent une dérive vers une logique où la nature serait réservée aux seuls observateurs autorisés, et non plus aux usagers traditionnels.

Pourtant, le Parc national lui-même reconnaît la valeur culturelle, historique et sociale de ces sentiers, qui font partie de l’identité des Calanques autant que ses falaises blanches ou ses criques turquoise.

Ce que demandent les randonneurs et grimpeurs

La communauté outdoor ne réclame pas l’ouverture sauvage de passages dangereux.

Ses demandes sont simples :

Beaucoup estiment que fermer un sentier n’a jamais empêché l’accidentologie, mais efface un morceau d’histoire.

Et surtout : cela marginalise les pratiquants expérimentés qui savent évoluer dans ces terrains.

Un appel à témoins : vos souvenirs comptent

Si vous avez parcouru ces sentiers, si vous y avez des photos, des moments marquants, des passages techniques qui vous ont fait vibrer, vos témoignages sont essentiels. Partagez-les en commentaire : faire vivre la mémoire de ces itinéraires est déjà une forme de résistance.

Un exemple parmi tant d’autres : 60 ans de passion effacés

Comme l’écrit Jacques, marcheur et grimpeur depuis près de six décennies :

« Je parcours les Calanques depuis presque 60 ans et c’est avec une immense tristesse que je vois disparaître des sentiers qui révélaient les plus beaux coins du massif. Ces fermetures, c’est un pan entier de notre histoire qui s’efface. »

Le débat ne fait que commencer. Mais une chose est sûre : si les sentiers disparaissent, c’est aussi notre lien à ces lieux magiques qui s’amenuise.

À vous : faut-il vraiment interdire ces sentiers historiques ?

Votre avis compte. Vos souvenirs aussi. Dites-nous ce que vous pensez de ces fermetures. Faut-il protéger à tout prix, ou préserver la liberté d’accès ?

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